D’emblée, on a pu constater un pas de deux entre la droite et les élus PS : tous deux ont fustigé la motion des Verts, beaucoup trop virulente et revendicative (le ton n’était pourtant pas bien violent !). Du point de vue de F. Lamy, il convient de souligner ce qui est positif et ce qui a avancé grâce aux élus. M.P. Digard a souligné qu’il était nécessaire de poser un certain nombre de demandes et d’exigences.

Par ailleurs, la droite a trouvé beaucoup trop violente la formulation de la motion de F. Lamy demandant « une clarification sur la mise en cohérence des différents projets annoncés par les Ministres ». Quelle virulence ! Cette phrase a été retirée.

Après une suspension de séance pour rédiger un texte de « compromis », la motion a été présentée en séance. Droite et PS se sont congratulés mutuellement pour avoir su trouver un accord. Au total, toutes les demandes formulées par la droite ont été acceptées, les Verts ont pu faire entrer certaines de leurs propositions mais pas l’essentiel.

La motion adoptée à l’unanimité des suffrages exprimés (tous les élus de droite et PS) et six abstentions (les Verts) est de fait une acceptation à peine voilée des propositions de Christian Blanc : un bon tiers de la motion exprime son approbation des « avancées » obtenues.

Trois lignes pour exprimer la volonté des élus d’être « acteurs d’un projet qui ne peut se réaliser sans eux, ni sans les habitants du territoire. Ils souhaitent promouvoir un modèle de développement durable fondé sur trois objectifs indissociables : mixité sociale, respect de l’environnement et développement économique » (la dernière phrase est un ajout obtenu par les Verts).

Une bonne moitié de la motion demande que « soient apportés des garanties ou des éclaircissements ». Les garanties restent bien vagues (« garantie d’une négociation sur le périmètre de l’OIN » !) et la formulation des différents points se ramène souvent à une approbation à peine voilée des projets de l’État : Ainsi la phrase « Le devenir du site actuel de la faculté scientifique d’Orsay au regard de l’annonce de son éventuel aménagement et l’obligation de réaliser en urgence sa mise en sécurité » signifie que les élus acceptent le déménagement de la fac sur le Plateau.

Ou encore : « Le développement de l’habitat sur le tissu urbain existant respectueux du caractère propre de chacune des communes dans le cadre du PLH et des PLU approuvés par les collectivités » (amendement demandé par la droite). En d’autres termes, la mixité sociale sur le territoire de l’OIN, oui mais un habitat « respectueux du caractère propre de chacune des communes », donc les logements sociaux à Massy et aux Ulis (c’est leur « caractéristique propre ») et les logements pour les cadres, chercheurs et enseignants en fin de carrière dans les autres communes.

Bref, une non-motion marquée par le renoncement à réagir et la volonté d’être co-pilote d’un projet qui est bien celui de l’État. D’ailleurs, F. Lamy a eu le mot de la fin : « Pour moi ce n’est pas une motion qui exprime la position de la CAPS, mais un mandat de négociation. »
A noter l’intervention de J. F. Rimbert soulignant que le projet de C. Blanc laisse planer beaucoup d’inconnues et que la motion accepte tout par avance. Selon son élégance coutumière, F. Lamy a qualifié ces propos de « salade ».

L’intervention de M.P. Digard soulignant que le SDRIF a demandé trois ans de concertation et que le résultat final n’est guère convergent avec le projet de l’État.
L’intervention de David Bodet, soutenant d’emblée la motion de la droite, mieux construite que celle de F. Lamy, et admonestant les Verts.
La réaction de Martinache : « Je ne vois pas comment on peut avoir sur le Plateau et la fac, et le développement économique, et les 2 300 hectares. »
Ou encore une perle, F. Lamy disant « Je suis prêt à tout » pour arriver à un compromis (avec la droite, apparemment).

Pas un mot de qui que ce soit sur les réactions des habitants, des salariés et étudiants de la fac, des associations…